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Martin x Noa

Fandom: Lycee

Created: 3/3/2026

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RomanceSlice of LifeRealismDramaHumorDrug UseCharacter StudyPsychologicalLyricismDark
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L'Art de l'Esquive et du Sous-Entendu

Le lycée Saint-Exupéry, un après-midi de novembre, respirait cette odeur si particulière de cire, de vieux livres et de sueur adolescente. Pour Martin, c'était le décor habituel de son existence, une scène sur laquelle il jouait le rôle de l'observateur silencieux, un peu cynique, toujours en retrait. Ses cheveux noirs, un peu trop longs pour être vraiment "nets", encadraient un visage souvent pensif, parfois éclairé par un sourire fugace qui révélait une intelligence vive et un humour décalé. Il avait 17 ans, en première générale, et sa vie se résumait ces derniers temps à une routine un peu morne, rythmée par les cours de Théâtre, de HLP et de Cinéma. Et, bien sûr, par les volutes de fumée qui l'aidaient à supporter le vide laissé par une rupture récente, après dix mois d'une relation qui s'était étirée jusqu'à se rompre.

Louison et Macha étaient ses ancres, les deux rares personnes avec qui il pouvait être pleinement lui-même. Louison, rousse, menue, était son roc. C'était elle qui avait écouté, sans jugement, ses complaintes post-rupture, ses doutes, ses colères. Macha, sa coloc, était l'incarnation de la fantaisie, ses cheveux bruns avec les dessous décolorés, son rire sonore, sa joie de vivre communicative. Elles fumaient des joints avec lui, occasionnellement pour Macha qui préférait sa puff, régulièrement pour Louison qui jonglait entre ça et les cigarettes.

C'est avec elles, un soir, étalé sur le canapé miteux du salon de Louison et Macha, un joint roulé un peu grossièrement entre les doigts, que Martin avait lâché, presque par inadvertance, une petite bombe. « Vous savez, Noa est vraiment beau, quand même. »

Louison, le regard pétillant, avait posé son verre de Coca vide. « Oh ! Le Noa de ta classe de Cinéma ? Tu veux le draguer, alors ? »

Martin avait haussé un sourcil, le coin de sa bouche esquissant un sourire en coin. « Peut-être. » Le mot était sorti, léger, presque insignifiant, mais il avait résonné différemment en lui. Un frisson d'anticipation, une curiosité nouvelle. Noa… Ils se connaissaient depuis un an, des amis, mais la période difficile de Martin avait distendu leurs liens. Noa, lui aussi grand, brun, le teint mat et bronzé, avait cette aura de douceur qui contrastait avec ses récits de conquêtes féminines, souvent teintées d'un certain cynisme, qu'il regrettait parfois.

La semaine suivante, le cours de Philosophie fut le théâtre inattendu de cette nouvelle dynamique. Monsieur Dubois, le père de Martin, un homme affable aux cheveux grisonnants et à l'éternel pull en tweed, avait lancé un travail de groupe sur la notion de "désir". Martin, comme à son habitude, s'était installé au fond de la classe, près de la fenêtre. À sa grande surprise, Noa, qui d'ordinaire préférait le milieu de la salle, vint s'asseoir à côté de lui. Un regard rapide, un sourire discret.

« Salut, Martin. Ça te dérange si je me pose là ? » La voix de Noa était douce, un peu rauque, et Martin sentit une chaleur inattendue monter à ses joues.

« Non, vas-y. Moins de bruit au fond, pour une fois. » Il avait répondu avec sa désinvolture habituelle, mais son cœur battait un peu plus vite.

Le travail de groupe commença, et Monsieur Dubois énonça les consignes. Le désir, cette force motrice de l'existence, cette quête insatiable. Martin et Noa se retrouvèrent à partager une table, un manuel ouvert entre eux.

« Alors, le désir, » commença Noa, un crayon tournant entre ses doigts agiles. « Tu désires quoi, toi, Martin ? À part un bon joint après les cours, bien sûr. » Il avait ri, un rire léger et entraînant.

Martin, amusé par la remarque, avait posé son menton sur sa main. « Oh, tu sais, mes désirs sont complexes. Parfois, je désire juste que tu arrêtes de faire le clown en cours. »

Noa avait feint l'offense. « Moi, un clown ? Je suis un artiste, mon cher Martin. Et toi, tu désires quoi, vraiment ? Une bonne note à cette interro ? Ou peut-être… » Il avait marqué une pause, son regard glissant vers les lèvres de Martin, puis remontant vers ses yeux. « …autre chose ? » Le sous-entendu était léger, presque imperceptible, mais Martin l'avait senti. Une étincelle.

« Autre chose ? » Martin avait joué le jeu, son propre regard ne quittant pas celui de Noa. « Quoi donc ? Un cours de philo qui ne me donne pas envie de me jeter par la fenêtre ? »

Noa avait souri, un sourire qui atteignait ses yeux. « Ça, c'est un désir universel. Mais je pensais à… des désirs plus charnels. » Il avait baissé la voix, un murmure complice. « Je sais que tu viens de sortir d'une longue relation. Le désir, ça se réveille, ça se transforme. »

Martin avait senti une chaleur monter le long de sa nuque. Le sujet était risqué, intime, mais Noa le portait avec une telle légèreté, une telle aisance, que cela en devenait presque naturel. « Oh, tu sais, la libido, c'est comme un caméléon. Ça s'adapte. Ou ça hiberne. »

« Et la tienne, elle hiberne ou elle s'adapte ? » avait demandé Noa, son ton enjoué, mais avec une pointe de curiosité sincère. Il s'était penché légèrement vers Martin, diminuant l'espace entre eux.

Martin avait regardé autour de lui, s'assurant que personne n'écoutait, même si le brouhaha de la classe était suffisant pour les couvrir. « Disons qu'elle est en pleine phase de réveil. Avec quelques bâillements et des étirements un peu… douloureux. » Il avait lancé un regard en coin à Noa, un sourire malicieux sur les lèvres. « Et toi, ton désir, il est toujours en pleine forme, j'imagine ? Toujours prêt à conquérir de nouveaux territoires ? »

Noa avait ri, un rire franc et un peu arrogant. « Oh, le mien ne dort jamais, Martin. Il est en veille constante, prêt à bondir. C'est une bête sauvage, tu vois. » Il avait mimé un geste de griffe, le regard perçant. « Mais parfois, même la bête a besoin de… d'une nouvelle proie, d'un nouveau défi. »

Le mot "proie" avait fait vibrer quelque chose en Martin. Il se sentait à la fois flatté et intrigué par l'audace de Noa. Il aimait cette danse verbale, ce jeu de séduction implicite, masqué par l'humour. « Et tu as déjà trouvé ton prochain défi, chasseur ? »

Noa avait posé son coude sur la table, son menton reposant sur sa main, et avait tourné son corps légèrement vers Martin. Leurs genoux se touchaient sous la table, un contact léger mais électrique. « Je suis en pleine exploration. Le territoire est vaste, et parfois, les proies les plus intéressantes sont celles qui se cachent le mieux. » Son regard avait balayé le visage de Martin, s'attardant un instant sur ses lèvres.

Martin avait senti son cœur s'accélérer. Il jouait avec un de ses cheveux noirs, l'enroulant autour de son doigt. « Tu sais, les proies qui se cachent le mieux sont souvent les plus difficiles à attraper. Et parfois, elles ne veulent pas être attrapées. »

« Ah, mais c'est là tout le plaisir de la chasse, non ? » Noa avait baissé la voix encore plus, son souffle chaud caressant l'oreille de Martin. « Le frisson de la poursuite, la satisfaction de la découverte. Et parfois, la proie se révèle être un chasseur elle-même. » Il avait levé un sourcil, défiant.

La tension était palpable. Martin sentait son corps réagir à la proximité de Noa, à l'intensité de son regard. Il aimait ce jeu, cette sensation de danger et d'excitation. « Et si le chasseur se retrouve chassé ? » avait-il demandé, son propre regard perçant.

Noa avait souri, un sourire à la fois doux et prédateur. « Alors, ce serait une chasse passionnante. Une danse. » Il avait tendu la main vers le manuel, mais ses doigts avaient effleuré ceux de Martin. Un contact bref, mais qui avait envoyé un picotement le long de son bras.

« Une danse dangereuse, » avait murmuré Martin, sa voix un peu plus rauque qu'à l'ordinaire.

« Les meilleures, » avait répondu Noa, ses yeux brillants d'une étincelle malicieuse. Il avait ensuite repris un ton plus léger, comme pour briser la tension, mais l'effet était manqué. « Bon, on devrait peut-être écrire quelque chose sur le désir, avant que ton père ne nous colle un zéro pour bavardage… et fantasmes. »

Martin avait ri, un rire un peu nerveux, mais sincère. « Bonne idée. On va dire qu'on explorait la dimension existentielle du désir, à travers des cas concrets. »

Noa avait hoché la tête, un sourire toujours présent. « Absolument. La recherche empirique, c'est essentiel. »

Le reste du cours s'était déroulé dans une ambiance étrange. Ils avaient réussi à griffonner quelques idées sur le désir, mais les sous-entendus continuaient de planer entre eux. Chaque regard, chaque mot, chaque geste était teinté d'une nouvelle signification. Martin sentait une curiosité nouvelle l'envahir. Il n'avait jamais envisagé Noa sous cet angle, mais maintenant, il ne pouvait plus s'en empêcher.

En sortant de cours, Louison et Macha l'attendaient devant le portail. Elles avaient des cigarettes aux lèvres, et Macha tenait sa puff à la main. L'odeur du tabac et des fruits rouges se mélangeait à l'air frais de novembre.

« Alors, ton cours de philo ? » avait demandé Louison, un sourire en coin. « Tu as parlé de tes désirs charnels avec ton père ? »

Martin avait levé les yeux au ciel, mais un sourire ne put s'empêcher de naître sur ses lèvres. « Pas avec mon père, non. Mais avec son voisin de table, peut-être. »

Macha avait ri, son rire cristallin résonnant dans la cour. « Oh ! Noa, c'est ça ? Il t'a fait de l'effet, on dirait. Tu rougis, Martin. »

« Je ne rougis pas ! » avait protesté Martin, sentant une chaleur monter à ses joues. « C'est juste le froid. »

Louison avait tapoté son épaule. « Allez, raconte. Il s'est passé quoi ? »

Martin avait raconté, avec un luxe de détails, la conversation avec Noa, les sous-entendus, les regards, les touches furtives. Il avait vu les yeux de Louison s'écarquiller, et ceux de Macha pétiller de malice.

« La vache ! » avait dit Macha. « Il t'a dragué en pleine classe de philo ! Devant ton père ! C'est audacieux. »

« Audacieux et sexy, » avait ajouté Louison, un sourire malicieux sur les lèvres. « Tu as aimé, avoue. »

Martin avait pris une bouffée de sa cigarette, le regard perdu dans la fumée. « J'ai… j'ai été surpris. Et c'était… intéressant. Il y a une tension, je ne sais pas. C'est comme si on jouait un rôle, mais qu'on était aussi très sérieux. »

« C'est ça, la séduction, mon cher Martin, » avait dit Louison, philosophe. « C'est un jeu. Et vous avez l'air d'être de bons joueurs tous les deux. »

Macha avait enlacé le bras de Martin. « Bon, on fête ça avec un joint et une bonne série ce soir ? Faut alimenter cette tension, Martin. Faut la faire monter. »

Martin avait souri. L'idée de cette tension, de ce jeu, le stimulait. Il n'était pas sûr de ce qu'il voulait, ni de ce que Noa voulait. Mais il était curieux. Très curieux. Et pour la première fois depuis longtemps, il sentait une étincelle, un désir nouveau, qui n'avait rien à voir avec la morosité de sa rupture. C'était un désir plus vif, plus audacieux, plus… dangereux. Et il était prêt à jouer. La danse ne faisait que commencer.
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